samedi 21 février 2015

e-cigarette : des recommandations et de nouvelles données


La quasi-totalité des sociétés et organismes internationaux (FDA en avril 2014, OMS en août 2014, American Heart Association [AHA] en août 2014], OFLT en avril 2014, HAS en janvier 2014) s’accordent sur le fait que la cigarette électronique doit être interdite aux mineurs et ne doit pas être utilisée par les non fumeurs et dans les lieux publics. 
Concernant son intérêt dans le sevrage, l’AHA et l’OFLT estiment qu’il n’existe pas suffisamment de preuves et qu’il est ainsi préférable de suivre les stratégies de sevrage validées. Cependant, après des « tentatives répétées » d’arrêt du tabac ou si le fumeur souhaite faire appel à ce dispositif, il est recommandé aux praticiens d’accompagner les patients dans l’utilisation de la e-cigarette. 
De même, la HAS ne la recommande pas pour le sevrage mais la tolère sous certaine conditions. Elle propose ainsi « ne pas dissuader les candidats à l’arrêt à utiliser la cigarette électronique de façon temporaire. »
Plus récemment encore, l’Académie nationale de Pharmacie (février 2015) a livré ses recommandations dans ce domaine et préconise de réserver son usage au sevrage tabagique. Mais, quels sont les taux d’abstinence en pratique ? Il est encore difficile de répondre à cette question, les études étant fort peu nombreuses. Une récente revue de la littérature de la bibliothèque Cochrane apporte de nouveaux éléments de réponse.

Des résultats positifs dans une revue Cochrane

Treize études ont été retenues pour l’analyse dont 2 essais randomisés et contrôlés et 11 études de cohortes. Les 2 essais randomisés et contrôlés (662 participants) ont comparé e-cigarette comportant de la nicotine (ECN) et e-cigarette placebo (ECP). Les résultats montrent que 9 % des fumeurs ayant utilisé une ECN ont  arrêté de fumer au moins 6 mois versus 4 % de ceux ayant utilisé une ECP (RR [risque relatif] =  2,29 ; intervalle de confiance à 95 % [IC95] de 1,05 à 4,96). Dans l’étude qui a comparé l’ECN au patch nicotinique, aucune différence significative n’a été rapportée en termes d’abstinence (RR = 1,26, IC95 de 0,68 à 2,34).
Cependant, le pourcentage de sujets ayant diminué leur consommation d’au moins la moitié était plus important dans le groupe ECN comparativement au groupe patch : 61 % versus 44 % (RR = 1,41 ; IC95 de 1,20 à 1,67) et au groupe ECP:  36 % versus 27 % (RR = 1,31 ; IC95 de 1,02 à 1,68). Enfin, aucun effet secondaire grave n’a été rapporté dans les études de cette revue à court ou moyen terme. Selon leurs auteurs, les e-cigarettes avec nicotine ont un intérêt sur le long terme mais les niveaux de preuve sont limités en raison du peu de données actuellement disponibles.

Vers une réglementation de la e-cigarette

Quoiqu’il en soit, si la e-cigarette est utilisée dans le sevrage, des évolutions réglementaires seraient nécessaires. En particulier, comme le souligne l’Académie nationale de Pharmacie, « la composition qualitative et quantitative des produits utilisés dans les recharges doit être précisée et contrôlée dans le cadre de la norme AFNOR et la température obtenue à la sortie de l’atomiseur doit être limitée afin d’éviter la transformation de la glycérine en acroléine, substance très toxique ». Outre Atlantique, les nouvelles réglementations de la FDA (proposées en avril 2014) devraient être finalisées et entrer en vigueur dans une période de 2 ans (si elles sont entérinées). Les industriels devront alors obtenir une autorisation pour maintenir sur le marché leurs cigarettes électroniques.
Isabelle Birden
RÉFÉRENCE
(1) McRobbie H et coll.: Electronic cigarettes for smoking cessation and reduction. Cochrane Database of Systematic Reviews 2014 (12).Publication en ligne le 17 décembre 2014.
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