jeudi 12 février 2015

 

 Jogging: le plus n'est pas le mieux!


De nombreuses données sont en faveur d’un effet favorable de l’activité physique régulière sur la mortalité. Cependant, la quantité idéale d’exercice qui améliore la longévité demeure incertaine et, en matière d’activité physique, la relation dose/réponse est largement débattue. C’est ce qui a conduit Schnohr et coll. à tenter de déterminer l’association qui existe entre le jogging et la mortalité de toute cause à long terme, en centrant spécifiquement leur étude sur les effets de la cadence, de la quantité et de la fréquence du jogging.
Cette étude réalisée dans le cadre de la Copenhagen City Heart Study a été menée chez 1 098 joggers en bonne santé et 3 950 sujets non joggers également en bonne santé qui ont tous été suivis de façon prospective de 2001 à 2013.
Comparés aux sédentaires non joggers, la pratique du jogging pendant 1 à 2,4 heures par semaine était associée à la plus basse mortalité (hazard ratio [HR] 0,29; intervalle de confiance [IC] 95 % [0,11 à 0,80]). La fréquence optimale du jogging était de l’ordre de 2 à 3 fois par semaine (HR 0,32 ; IC 95 % [0,15 à 0,69]) ou ≤ 1 fois par semaine (HR 0,29; IC 95 % [0,12 à 0,72).
La cadence optimale du jogging était une cadence lente (HR 0,51; IC 95 % [0,24 à 1,10]) ou moyennement rapide (HR 0,38 ; IC 95 % [0,22 à 0,66]). Les joggers ont été classés en trois catégories en fonction de l’intensité de leur jogging qualifié de léger, moyen ou intense. Le jogging qui était associé au plus faible risque de mortalité (HR le plus bas) s’est avéré être le jogging léger (HR 0,22 ; IC 95 %[0,10 à 0,47]), suivi ensuite par le jogging d’intensité moyenne (HR 0,66 ; IC 95 % [0,32 à 1,38]) et par le jogging très intense (HR 1,97; IC 95 % [0,48 à 8,14]).
En conclusion, les résultats de cette étude suggèrent qu’il existe une relation en forme de U entre la mortalité de toute cause et les modalités de la pratique du jogging, évaluées en fonction de sa cadence, de sa quantité et de sa fréquence. C’est ainsi que les joggers qui pratiquaient un jogging léger ou moyennement intense étaient exposés à une mortalité significativement moindre que les sédentaires non joggers ; en contraste, le taux de mortalité des joggers qui pratiquaient un jogging intensif n’était pas statistiquement différent de celui des sujets sédentaires.
Dr Robert Haïat
Référence
Schnohr P et coll. : Dose of Jogging and Long-Term Mortality. The Copenhagen City Heart Study. J Am Coll Cardiol 2015; 65: 411–9.
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