lundi 9 février 2015


Peut-on prédire la maladie de Parkinson?


Contexte
La maladie de Parkinson a un début insidieux et est diagnostiquée lorsque les signes moteurs typiques apparaissent. Plusieurs signes moteurs et non moteurs peuvent apparaître avant le diagnostic, précocement dans le processus de la maladie. Nous nous sommes attachés à évaluer les liens entre la manifestation précoce de plusieurs signes pré-diagnostiques dans le cadre des soins de santé primaires et le diagnostic ultérieur de maladie de Parkinson, et à établir la séquence dans le temps de ces premières manifestations avant le diagnostic.

Méthodes
Nous avons identifié des personnes ayant reçu un premier diagnostic de maladie de Parkinson et d’autres ne souffrant pas de cette maladie entre le 1er janvier 1996 et le 31 décembre 2012, dans la base de données des soins de santé primaires de The Health Improvement Network (Le Réseau pour l’amélioration de la santé) au Royaume-Uni. Nous avons extrait des codes pour une série de symptômes précoces ou pré-diagnostiques potentiels, comprenant des signes moteurs (tremblements, rigidité, problèmes d’équilibre, douleur ou raideur de nuque et douleur ou raideur d’épaule), des signes impliquant le système nerveux autonome (constipation, hypotension, troubles de la fonction érectile, troubles de la fonction urinaire et vertiges), des troubles neuropsychiatriques (problèmes de mémoire, anxiété ou dépression de survenue tardive, déclin cognitif et apathie) ainsi que des signes supplémentaires (fatigue, insomnie, anosmie, hypersalivation et troubles du comportement en sommeil paradoxal), survenus dans les années précédant le diagnostic. Nous présentons l’incidence des symptômes signalés dans plus de 1 % des cas pour 1 000 années-personnes et l’incidence du risque relatif (RR) à 2, 5 et 10 ans avant le diagnostic pour les personnes atteintes et non atteintes de la maladie de Parkinson.

Résultats
8 166 personnes atteintes et 46 755 personnes non atteintes de la maladie de Parkinson ont été incluses dans l’étude. L'apathie, les troubles du comportement en sommeil paradoxal, l'anosmie, l'hypersalivation et le déclin cognitif ont tous été signalés chez moins de 1 % des personnes pour 1 000 années-personnes et ont été exclus des analyses ultérieures. À 2 ans avant le diagnostic de maladie de Parkinson, l’incidence de tous les signes pré-diagnostiques étudiés à l’exception de la douleur et raideur de nuque était plus élevée chez les patients ayant développé ultérieurement la maladie de Parkinson (n = 7 232) que chez les témoins (n = 40 541). À 5 ans avant le diagnostic, par rapport aux témoins (n = 25 544), les patients ayant développé ultérieurement la maladie de Parkinson (n = 4 769) avaient une incidence plus élevée de tremblements (RR de 13,70, IC à 95 % : 7,82–24,31), troubles de l’équilibre (2,19, 1,09–4,16), constipation (2,24, 2,04–2,46), hypotension (3,23, 1,85–5,52), troubles de la fonction érectile (1,30, 1,11–1,51), troubles de la fonction urinaire (1,96, 1,34–2,80), vertiges (1,99, 1,67–2,37), fatigue (1,56, 1,27–1,91), dépression (1,76, 1,41–2,17), et anxiété (1,41, 1,09–1,79). À 10 ans avant le diagnostic de maladie de Parkinson, l’incidence de tremblements (RR de 7,59, IC à 95 % : 1,11–44,83) et de constipation (2,01, 1,62–2,49) était plus élevée chez ceux ayant développé ultérieurement la maladie de Parkinson (n = 1 680) que chez les témoins (n = 8 305).

Interprétation
Une série de signes pré-diagnostiques peuvent être détectés plusieurs années avant le diagnostic de maladie de Parkinson dans le cadre des soins de santé primaires. Ces données peuvent être intégrées aux efforts actuels menés pour identifier les personnes aux stades les plus précoces de la maladie en vue de les inclure dans des essais cliniques futurs et pour aider à comprendre l’évolution de la maladie dans sa phase la plus précoce.
 

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