vendredi 20 mars 2015

Ni trop long ni trop court le meilleur intervalle entre deux grossesses?

Une courte ou une longue période intergénésique sont communément associés à des grossesses plus difficiles, frappées par des malformations fœtales, des accouchements prématurés, petits poids de naissance et une augmentation de la morbidité maternelle. Ces complications sont souvent le résultat de causes multifactorielles : carences en folates, persistance d'un phénomène inflammatoire, anémie maternelle, dérégulation hormonale des grossesses tardives ou de la période du post-partum.

Toutes les femmes multipares de l'état de l'Ohio ayant accouché d'un enfant sans malformation majeure entre 20 et 42 SA ont été passées au crible des chercheurs durant 6 ans, soit 395 146 naissances. L'intervalle intergénésique est inférieur à 6 mois dans 7, 3 % des cas, entre 6 et 12 mois dans 13,5 % des cas, entre 12 et 24 mois dans 27,5 % des cas, de 24 à 60 mois dans 34,8 % des cas, et de plus de 60 mois dans 16,3 % des cas. Les femmes débutant une nouvelle grossesse moins d'un an après leur accouchement ont plus souvent un faible niveau d'éducation, un faible niveau socio-économique et des soins prénatals insuffisants. Elles sont également plus jeunes, d'une parité plus élevée, ont plus d'antécédents d'accouchements prématurés, sont plus souvent obèses et fumeuses que les femmes qui ont attendu entre un et deux an pour démarrer une nouvelle grossesse.

Délai optimum : un à deux ans

Celles dont l'intervalle intergénésique est long ont plus rarement un faible niveau scolaire et un suivi prénatal insuffisant, mais ont plus de risques obstétricaux tels l'obésité, l'HTA chronique, un diabète pré-existant, et une pré-éclampsie. L'augmentation du taux d'HTA gravidique, de diabète gestationnel et de naissance par césarienne est directement proportionnelle à l'allongement de l'intervalle intergénésique. Les RCIU (retard de croissance intra utérine) sont plus fréquents à la fois dans les intervalles courts et longs, comparés à l'intervalle de un à deux ans qui est celui associé aux plus faible taux d'admissions du nouveau-né en unité de soins intensifs et de tous les autres critères de morbidité néonatale mesurés (ventilation à la naissance, ventilation plus de 6h après la naissance, Apgar ˂ 7 à 5 minutes de vie, utilisation du surfactant.

Après ajustement sur l'âge gestationnel, la morbidité néonatale reste augmentée, jusqu'à 48 % en plus pour les intervalles très courts (˂ 6 mois, odds ratio ajusté 1,48 ; intervalle de confiance à 95 % : 1,40-1,57) et de 36 % pour les plus long (≥ 60 mois, ORa 1,36 ; IC : 1,30-1,42).

Au final, la meilleur période pour débuter une nouvelle grossesse se situe entre un et deux ans après l'accouchement, ce que font près d'un tiers des femmes (108 626 sur les 395 146 de cette cohorte) ; il reste à repérer les autres pour mieux les conseiller.

Aucun commentaire :

Enregistrer un commentaire