samedi 4 avril 2015

L’Académie de Médecine pour une e-cigarette médicament

Mercredi 11 mars 2015. 
Après la HAS (janvier 2014), qui n'incite pas à l'utilisation de la e-cigarette pour le sevrage mais qui ne dissuade pas non plus, puis l'Académie nationale de Pharmacie (février 2015), qui prône « un usage à réserver au seul sevrage tabagique », c'est au tour de l'Académie nationale de Médecine de se prononcer sur ce sujet brûlant (1).
 Pour cette dernière, « la e-cigarette représente une opportunité nouvelle dans l'aide à l'arrêt du tabac. Une incitation forte devrait être faite pour que la cigarette électronique soit mise au service de l'instauration de l'abstinence. Elle contribue à aider les fumeurs qui l'ont adoptée à se libérer du tabac. »

Un impact réel sur le tabagisme et une toxicité bien moindre

L'Académie nationale de Médecine souligne qu'il est probable que les baisses de ventes de cigarettes au cours de ces dernières années (- 4,9 % en 2012, - 7,6 % en 2013, - 5,3% en 2014) soient liées au rapide accroissement de la disponibilité et des ventes de e-cigarette. De plus, « même s'il est difficile de quantifier précisément la toxicité à long terme de la cigarette électronique, celle-ci est à l'évidence infiniment moindre que celle de la cigarette traditionnelle. » Ainsi, selon l'Académie nationale de Médecine, non seulement il ne faut pas dissuader les fumeurs qui utilisent la e-cigarette, mais il faut favoriser l'émergence d'une e-cigarette « médicament » distribuée par le circuit pharmaceutique. Dans le cadre de l'éducation thérapeutique, une dispensation officinale pourrait être organisée.

Vers une e-cigarette médicament ?

En France, il existe 4 dosages de recharges de nicotine pour e-cigarette : 3 à 6 mg/ml, 7 à 12 mg/ml, 13 à 17 mg/ml et 18 à 20 mg/ml. Ces différents dosages peuvent permettre une réduction des doses de nicotine conduisant à l'abstinence. Actuellement, la Directive européenne du 3 avril 2014 sur les produits du tabac interdit les concentrations supérieures à 20 mg/ml. Selon l'Académie nationale de Médecine, d'éventuelles recharges contenant des concentrations de nicotine supérieures à 20 mg/ml devraient avoir le statut de médicament et disposer d'une AMM avec procédure simplifiée. Pour les auteurs du rapport, « il s'agit en effet d'une variante du spray de nicotine déjà sur le marché. Le statut de médicament permettrait à l'assurance-maladie de l'inclure dans le forfait de prise en charge du sevrage tabagique. »

La cigarette électronique interdite en Suède avant d'avoir le statut de médicament

Les réglementations sur la e-cigarette évoluent très vite et varient beaucoup d'un pays à l'autre. En particulier en Suède, la cigarette électronique est interdite et, comme la cour d'appel administrative de Stockholm vient de le stipuler dans un jugement du 5 mars 2015, les cigarettes électroniques contenant de la nicotine ne peuvent être vendue sans autorisation de l'Agence nationale du médicament suédoise. Aucune cigarette électronique n'est ainsi disponible pour le moment dans ce pays, mais cette situation pourrait évoluer. Selon Martin Burman, un porte parole de l'Agence du médicament suédoise: « il est tout à fait possible que nous autorisions des cigarettes électroniques dans une optique de santé publique ».

D'incontournables réglementations et interdictions

Par ailleurs, comme les autres sociétés savantes, l'Académie de Médecine recommande de réglementer la fabrication et la distribution de l'e-cigarette (et produits apparentés) afin d'en assurer la sureté et la fiabilité (norme AFNOR). Elle préconise aussi d'interdire la vente des e-cigarettes aux mineurs, de faire de la publicité ou de la promotion sur ce dispositif (sauf comme méthode d'arrêt si celle-ci est reconnue), ainsi que son utilisation dans les lieux publics.

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