dimanche 14 juin 2015

Abstention armée devant des calculs rénaux asymptomatiques non obstructifs



Abstention armée devant des calculs rénaux asymptomatiques non obstructifs
L'incidence des calculs rénaux asymptomatiques non obstructifs (CYRANO) augmente au rythme des examens d'imagerie ; c'est pourquoi il importe de s'intéresser à leur prise en charge en ayant en vue le bien du malade et le budget de l'assurance-maladie. Une étude comparant la surveillance armée (SA) à la lithotritie extracorporelle n'a pas montré d'avantages (éradication des pierres, qualité de vie, fonction rénale) en faveur de cette dernière au terme de 2 années de suivi. Les auteurs ont étudié l'histoire naturelle des CYRANO, sous SA et cherché à savoir si certains éléments permettaient de prévoir une évolution défavorable.
Ils ont revu les CYRANO observés entre 2008 et 2010, la SA supposant une échographie semestrielle en cas d'augmentation de volume des calculs ou de troubles, ou annuelle en cas de stabilité, en étant prêt à intervenir en cas de coliques néphrétiques (CN) ou de dilatation calicielle silencieuse (DCC). L'imagerie (échographies, scanners et uroscans) a servi tant à poser le diagnostic qu'à suivre l'évolution, en notant le siège et la taille du plus gros calcul dans chaque rein, les caractéristiques du patient (âge, indice de masse corporelle, antécédents lithiasiques), et le suivi des calculs (élimination spontanée, augmentation de taille, geste d'exérèse etc.)
La cohorte était composée de 110 sujets (60 hommes) totalisant 160 calculs de 7 mm de moyenne. Parmi eux, 115 (72 %) sont restés asymptomatiques. Les 45 autres ont fait parler d'eux, et notamment 3 ont entraîné une DCC justifiant une intervention, et 27 des CN nécessitant aussi un recours à la chirurgie. Par ailleurs, pour 33 CYRANO, la taille a augmenté de > 50 %, mais le plus souvent sans causer de troubles, cependant que 12 s'évacuaient spontanément et que 22 devenaient obstructifs.
On a pu confirmer que les calculs du pôle inférieur étaient plus souvent asymptomatiques et avaient une plus faible chance d'évacuation spontanée que ceux d'autres localisations. En revanche, la taille du CYRANO n'influe guère sur son histoire naturelle.
En dépit de 3 dilatations calicielles à bas bruit, on peut affirmer que la surveillance radiologique régulière des calculs asymptomatiques non obstructifs facilite les interventions faites suffisamment tôt pour prévenir toute perte de néphrons.

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