vendredi 3 juillet 2015

Voyages et déconvenues



Voyages et déconvenues
Pour fuir les frimas, de plus en plus de gens voyagent, notamment sous les tropiques. En plus de ses recommandations habituelles concernant les vaccinations, la prévention du paludisme, l'alimentation, etc., le Haut Conseil de la santé publique s'est aussi penché sur certains risques liés aux transports et à l'environnement (1).
Avant de partir
Il existe des contre-indications à un trajet en avion (2) : femmes enceintes après la 36e semaine de grossesse (32e SA en cas de grossesse multiple) et nouveau-nés de moins de 2 jours ; personnes souffrant d'angor ou de douleurs thoraciques au repos ; infarctus du myocarde ou accident vasculaire cérébral récent ; infection évolutive ; infection ORL ; geste chirurgical ou traumatisme récent (abdominal, cranio-facial, oculaire) ; certaines pathologies respiratoires, drépanocytose, trouble psychotique non maîtrisé ; mal de décompression après une plongée…
Par ailleurs, la pratique de la plongée sous-marine avec bouteilles nécessite un avis médical spécialisé avant le départ et il ne faut en aucun cas plonger avec bouteilles 24 heures avant un voyage en avion ou un séjour en altitude (risque d'embolie gazeuse).
De plus, les trajets en avion augmentent, faiblement, le risque de thrombose veineuse chez les voyageurs prédisposés (âge, antécédent personnel ou chez un proche parent de thrombose veineuse ou d'embolie pulmonaire, thrombophilie, contraception estro-progestative ou prise d'estrogènes, grossesse, obésité, varices, chirurgie récente de l'abdomen, du bassin ou des jambes, tabagisme). Dans une perspective préventive, on conseille, s'il existe au moins un facteur de risque, le port d'une contention élastique de classe 2, surtout si le voyage dure plus de 6 heures.
Précautions à bord
Au cours d'un vol en avion, pour limiter les risques thrombo-emboliques, il est important de s'hydrater régulièrement, de bouger les jambes, de se déplacer. La prise d'aspirine ne prévient par les thromboses veineuses, mais en cas de risque très élevé ou si la contention est impossible, on peut envisager la prise d'héparine de bas poids moléculaire à dose prophylactique ou d'inhibiteur du facteur X (hors AMM).
Quant aux éventuels traitements en cours, ils devront être emportés en cabine et non placés en soute, dans leur emballage d'origine, avec une ordonnance certifiant que le patient en a besoin (au besoin rédigée en anglais). Il faut aussi penser à tenir compte des décalages horaires dans certains cas (contraceptifs oraux, anticoagulants, insuline...). A noter également qu'il existe des médicaments nécessitant d'être conservés à basse température (trousse isotherme).
Plages à risque
Les baignades en mer exposent aux risques de noyades et au contact venimeux avec des méduses, certains poissons ou coraux. Le voyageur doit suivre scrupuleusement les consignes de sécurité et éviter de se baigner sur des plages désertes. Attention également aux piscines non sécurisées pour les jeunes enfants ! Les baignades en eau douce sont à éviter car elles exposent à des infections transmises par voie cutanée comme la leptospirose ou la bilharziose (principalement en Afrique intertropicale) et aux infections à transmission féco-orale comme la cryptosporidiose.
D'autres mesures simples éviteront de rapporter des souvenirs désagréables : ne pas marcher pieds nus sur les plages ni s'allonger à même le sable (risque de Larva migrans cutanée ankylostomienne), porter des chaussures fermées sur les sols boueux ou humides (risque d'anguillulose, d'ankylostomose, etc.) ; éviter en général les contacts avec les animaux…
En cas de nécessité de soins
Pour limiter les risques liés aux soins, il vaut mieux éviter tout geste invasif s'il n'est pas effectué avec du matériel neuf à usage unique ou correctement stérilisé (a fortiori une transfusion sanguine). A cet égard, le voyageur peut se munir avant le départ de matériel (seringues, aiguilles) à usage unique… et d'une ordonnance justifiant leur transport.
Enfin, les infections nosocomiales sont particulièrement fréquentes dans les pays en développement et les bactéries en causes souvent multirésistantes. Ainsi, « tout patient rapatrié sanitaire ou ayant été hospitalisé à l'étranger au cours de l'année précédente doit subir, lors d'une hospitalisation en France, un écouvillonnage rectal à la recherche du portage d'une bactérie multirésistante, et être éventuellement isolé » (1, 3).

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