lundi 31 août 2015

Dépistage et prévention du cancer du col utérin



Dépistage et prévention du cancer du col utérin
Le cancer du col de l’utérus représente le 10e cancer de la femme en France. Le pic d’incidence se situe à l’âge de 40 ans ; il est rare avant 30 ans et après 65 ans. La survie à 5 ans est entre 84% (stade I) et 35% (stade IV). Concernant l’histologie, il s’agit dans 90% des cas de carcinome épidermoïde.
  1. Facteurs de risque
  2. Histoire naturelle
  3. Prévention primaire
  4. Prévention secondaire
  5. Conclusion
1. Facteurs de risque
Facteur de risque principal : infection persistante à HPV
Co-facteurs :
  • Liés à l’hôte : précocité et multiplicité des rapports sexuels, parité élevée
  • Liés à l’HPV : génotype 16 et 18, forte charge virale
  • Exogènes : tabagisme, VIH, co-infection sexuelle, contraceptifs oraux prolongés
2. Histoire naturelle
Développement du cancer au niveau de la zone de remaniement pavimentaire du col
Lésions pré-cancéreuses : CIN1, CIN2, CIN3 :
  • Probabilité de régression spontanée vers un épithélium normal
  • Moins de 50% des dysplasies sévères évoluent vers un cancer invasif du col utérin
3. Prévention primaire : prévention attendue mais méconnue
Vaccination contre le papillomavirus humain : 2 vaccins disponibles
A proposer aux jeunes filles entre 11 et 14 ans avec rattrapage possible entre 15 et 19 ans.
Efficacité proche de 100% pour les génotypes visés par le vaccin
Mais ne protège pas contre tous les génotypes responsables de cancer : dépistage maintenu
4. Prévention secondaire : dépistage du cancer du col de l’utérus 
Population :
  • Dépistage chez les femmes entre 25 et 65 ans
  • Sexuellement actives ou ayant été sexuellement active
  • Ménopausée ou non ménopausée
  • Grossesse avant 14SA ou 8 semaines après l’accouchement
  • Asymptomatiques
  • Hystérectomie subtotale pour pathologie bénigne
  • Absence d’IST évolutive ou sous traitement
Modalités :
  • Dépistage cytologique par frottis cervico-utérin
  • Rythme :
    • Tous les 3 ans après deux frottis normaux à 1 an d’intervalle
    • Annuel en cas d’immunodépression (notamment VIH)
Techniques :
  • Frottis intéressant la zone de jonction squamo-pavimenteuse
  • 2 techniques : frottis sur lame et frottis avec cytologie en milieu liquide
Conditions :
  • En l’absence de règles
  • A distance d’un rapport sexuel (48h)
  • En l’absence d’infection ou de traitement local
Interprétation : selon la classification de Béthesda :
  • Lésions cellules squameuses : ASC-US, ASC-H, LSIL, HSIL
  • Lésions glandulaires : AGC, AIS
5. Conclusion
Le cancer du col de l’utérus répond idéalement aux pathologies pour lesquelles le dépistage est efficace. En effet, l’histoire naturelle est bien connue avec un temps de développement long entre la lésion initiale et le cancer. De plus, le dépistage de lésions dysplasiques permet une prise en charge précoce. Les médecins généralistes sont en première ligne pour sensibiliser les patientes à la nécessité et aux bénéfices de ce dépistage. De nouvelles recommandations sont sorties concernant la vaccination qui s’effectue désormais préférentiellement entre 15 et 19 ans. A l’instar de la vaccination anti-VHB, le vaccin anti-HPV est un vaccin qui prévient le cancer. Les jeunes patientes et les parents doivent être sensibilisés à cette notion.

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