mardi 15 septembre 2015

Test de dépistage rapide du VIH : faut-il un entretien pharmaceutique ?



Test de dépistage rapide du VIH : faut-il un entretien pharmaceutique ?
Paris, le mardi 1er septembre 2015 - Annoncée depuis 2013, prévue initialement à la fin 2014, l'arrivée des tests de dépistage rapide du VIH devrait enfin être effective le 15 septembre prochain. Le système disponible est un test par immunochromatographie sur sang capillaire. Les pharmaciens sont en première ligne, puisque ces tests ne pourront être commercialisés qu'au sein de leurs officines (et sur leurs sites internet agréés). Un accès gratuit à ces dispositifs pourrait également être organisé dans les Centres de dépistage anonyme et gratuit (CDAG), les Centres d'information de dépistage et de diagnostic des infections sexuellement transmissibles (CIDDIST) et les associations habilitées pour la réalisation de Tests Rapides d'Orientation Diagnostique (Trod), dans le cadre du projet de loi de santé.
Confidentialité
Les pharmaciens d'officine se préparent depuis plusieurs semaines à la dispensation de ce nouveau dispositif : des formations ont été proposées et des documents ont été diffusés, notamment par la Haute autorité de Santé (HAS) et le Centre d'éducation et de prévention pour la santé (CESPHARM). Des réunions ont également eu lieu entre le ministère et les représentants des syndicats d'officine. Ces dernières ont notamment permis de recommander aux pharmaciens de recevoir les patients souhaitant acheter un test de dépistage au sein d'un espace de confidentialité. Des conseils concernant la transmission des maladies sexuellement transmissibles et l'utilisation du test pourront ainsi être dispensés. Pour l'Union nationale des pharmaciens de France (UNPF), dans l'avenir, il pourrait même être bénéfique de mettre en place « des entretiens pharmaceutiques rémunérés concernant la contraception, le HIV et les MST afin de pouvoir prendre en charge et orienter les patients qui ne se rendent pas chez leur médecin ».
De nouveaux déchets infectieux
Dans l'attente d'une telle évolution (qui n'est nullement à l'ordre du jour dans les couloirs du ministère de la Santé), les pharmaciens se doivent systématiquement de rappeler « que le résultat n'est pertinent que s'il intervient trois mois après la prise de risque », remettre la notice d'utilisation et surtout délivrer des collecteurs de boîtes à aiguilles (BAA) pour y loger le test une fois celui-ci effectué. La mise en place définitive de la gestion de ces nouveaux déchets infectieux doit être précisée par la loi de santé, mais avant même son adoption définitive, les pharmaciens sont tenus de préparer leur élimination. Enfin, il est certain que les officinaux seront également fréquemment sollicités en aval de l'achat de ces tests : en cas de mauvais fonctionnement lié à une erreur de manipulation et pour certains patients en cas de résultats positifs, face à l'incertitude de l'attitude à adopter. Les pharmaciens devront alors savoir orienter les malades.

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