mardi 8 septembre 2015

Faut-il réduire le beurre au maximum en cas d’hypercholestérolémie ?



Faut-il réduire le beurre au maximum en cas d’hypercholestérolémie ?
Le beurre est un aliment particulièrement riche en graisses saturées, notamment les acides palmitique et myristique connus pour leurs effets hypercholestérolémiants. C'est la principale raison qui justifie de limiter la consommation du beurre chez les personnes à risque cardiovasculaire. Plusieurs essais cliniques ont montré qu'une quantité importante de beurre consommée quotidiennement provoque une hausse du LDL-cholestérol, généralement sans modification du taux de HDL-Cholestérol. En revanche, l'impact d'une consommation modérée de beurre n'pas été examinée rigoureusement jusqu'à l'essai effectué par Sara Engel et Time Tholstrup et sponsorisée par la fondation de recherche danoise sur les produits laitiers.
Des tartines beurrées ou à l'huile d'olive
Cette étude, réalisée en cross-over, a concerné 47 volontaires (33 femmes et 14 hommes, âge moyen : 40 ans, IMC moyen : 23,5 kg/m², LDL-cholestérol : 2,88 mmol/l). Leur régime alimentaire habituel était modifié durant deux périodes de 5 semaines ("période beurre" et "période huile d'olive" ), dans une intervention en double aveugle. Au cours de la "période beurre" les volontaires devaient consommer une tranche de pain beurrée (environ 15 grammes de beurre, la quantité exacte était calculée de façon à ce que le beurre représente 4,5 % de l'apport énergétique total). Durant la période "huile d'olive", ils devaient consommer la même tranche de pain recouverte, à la place du beurre, d'huile d'olive (la quantité de matières grasses apportée dans les deux cas était identique). Chaque période de régime était précédée d'une période de 15 jours au cours de laquelle le retour à l'alimentation habituelle était préconisé. Les sujets étaient pesés chaque semaine et l'investigateur s'assurait de l'absence de modification du niveau d'activité physique et des habitudes alimentaires en dehors de ce qui était prescrit.
Un effet net du beurre sur le LDL
Par rapport à la "période huile d'olive", la "période beurre" a été marquée par une hausse du LDL-cholestérol de 5,6 % (passant d'un taux moyen de 2,88 mol/ à 3,04 mol/l). Alors que le beurre a également entrainé une hausse du HDL-cholestérol, l'huile d'olive s'est montrée neutre vis-à-vis de ce paramètre. Aucune des deux matières grasses n'a influencé les triglycérides plasmatiques, le niveau d'insulino-résistance mesuré par l'index HOMA, ni la CRP ultrasensible, marqueur de l'inflammation infra-clinique.
Les auteurs reconnaissent un effet plus marqué qu'attendu du beurre sur le taux de LDL-cholestérol. Ils rappellent que les conséquences cardiovasculaires potentielles sont importantes car on sait qu'une baisse 1 mmol/l du LDL-cholestérol au long cours s'accompagne d'une réduction de 20 % des décès cardiovasculaires. En outre, bien que l'augmentation du HDL-cholestérol puisse en théorie contrebalancer la hausse du LDL-cholestérol selon l'épidémiologie observationnelle, cette hypothèse est largement remise en question par les études récentes qui montrent qu'augmenter le HDL-cholestérol n'est pas systématiquement bénéfique. En effet, c'est probablement davantage la qualité des particules HDL, donc leur fonction antiathérogène, que leur quantité dans le plasma qui doit être améliorée pour réduire le risque cardiovasculaire et on ne sait pas quel est l'impact du beurre sur cette fonction des HDL.
Cette étude démontre donc l'effet hypercholestérolémiant du beurre consommé quotidiennement pendant plusieurs semaines en quantité modérée. Cela confirme la recommandation habituelle de réduire au maximum le beurre chez les patients hypercholestérolémiques et/ou à haut risque cardiovasculaire.

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