mardi 27 octobre 2015

La silicose ou le prix d’un jean denim



La silicose ou le prix d’un jean denim
La technique de la pulvérisation de sable ou de silice à haute pression, employée pour délaver le denim est responsable de silicose. Cette pratique a été interdite en Europe puis en Turquie en 2009. Elle se poursuit vraisemblablement dans d'autres pays plus lointains.
Une équipe turque a réévalué en 2011 la progression de la silicose dans un groupe de travailleurs textiles précédemment étudiés en 2007 (1).
Parmi les 145 anciens sableurs de jean étudiés alors, 83 ont été examinés en 2011. Durant cette période de suivi de 4 ans, neuf (6,2 %) sont morts, à l'âge moyen de 24 ans (de 18 à 29 ans).
Tous atteints malgré l'arrêt de l'exposition
Parmi les 74 survivants, la prévalence de la silicose a augmenté de 55,4 % à 95,9 %. Une progression radiographique est observée dans 82 % des cas avec majoration des opacités. En analyse univariée, cette évolution radiologique est associée à un plus jeune âge au début de l'exposition, à l'absence de tabagisme associé, au poste de contremaître et au fait de dormir sur le lieu de travail. La perte fonctionnelle pulmonaire, mise en évidence dans 66 % des cas, est corrélée à l'absence de tabagisme et à une capacité vitale forcée initiale en 2007 élevée. En analyse multivariée, le seul lien statistique mis en évidence par les auteurs relie le risque de décès et le nombre de postes différents de « sableurs de jeans» occupés, avec un odds ratio de 3,16 (intervalle de confiance à 95 % de 1,46 à 6,85).
Ainsi, comme cela est déjà connu dans cette pathologie, la cessation de toute exposition n'arrête pas le processus physiopathologique à l'œuvre dans la silicose. De plus, le déclin fonctionnel respiratoire et la progression radiologique évoluent relativement rapidement chez ces jeunes patients.
La prévention, seule option efficace
L'éditorial (2) qui accompagne cet article évoque les traitements possibles de la silicose : en dehors de la transplantation pulmonaire, des auteurs chinois ont suggéré l'effet positif d'un lavage pulmonaire entier réalisé très précocement après l'exposition et qui permettrait de diminuer la progression de la maladie à 2 ans. D'autre part, d'après les modèles animaux disponibles, la fibrose pulmonaire secondaire à la silicose pourrait répondre à différentes molécules (anti-TNF alpha ou TGF béta).
Cependant, même si des thérapies semblent possibles et potentiellement efficaces, la prévention reste bien sûr la meilleure option dans cette maladie rapidement progressive.

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