jeudi 8 octobre 2015

Les cors aux pieds



Les cors aux pieds
Introduction
Le pied est un organe sensible. Et la présence de callosités douloureuses (épaississement de l'épiderme) est un handicap certain gâchant la nécessité et le plaisir de la marche.
Les cors, durillons et œil de perdrix ont une origine commune. Ils se développent aux endroits où la peau est soumise aux pressions de deux zones dures : la saillie d’un os d’un côté et la chaussure de l’autre.
Des chaussures non adaptées (trop étroites, trop serrées, talons trop hauts) et des appuis au sol mal répartis (en raison notamment d’une déformation du pied) entraînent des hyperpressions et des frottements excessifs. La peau se défend par une formation anormale de corne «l’hyperkératose » qui peut causer des douleurs lors de la marche ou du chaussage. Les cors se développent sur la face dorsale du pied, au niveau des orteils ; les durillons sont situés sous le pied ; les œils de perdrix se développent sous les orteils. Ces petits maux très répandus, ne doivent pas être négligés. Outre l’inconfort qu’ils entrainent, ils peuvent donner lieu à des complications (inflammation, infections), mais aussi progressivement dissuader les personnes atteintes de marcher, au risque de perdre en autonomie notamment pour les patients âgés.

Clinique
Les cors de forme arrondie, sont situés sur les orteils, au niveau des articulations, rarement au niveau du gros orteil, et parfois sur la plante des pieds. Ils correspondent à une zone d’hyperkératose, limitée, arrondie, avec en son centre un noyau dur composé de cellules compactées. Quand celui-ci est comprimé par la chaussure, les filets nerveux de la peau le sont aussi, ce qui provoque la douleur. Les cors ne doivent pas être confondus avec les verrues plantaires, non douloureuses, parsemées de petits points noirs, et dont le traitement est différent. Si on laisse évoluer le cor sans le traiter, l’articulation sous-jacente va s’enflammer, gonfler, voire s’infecter : la zone devient rouge et chaude, la douleur peut être intolérable. Les risques sont accrus chez les personnes âgées, les personnes ayant une mauvaise circulation et/ou souffrant de diabète.
Les cors sont dus à différentes causes, qui peuvent se combiner :
des chaussures trop étroites ou trop dures, qui agressent la peau en la comprimant ;
des orteils déformés par l’arthrose ou par des griffes devenant ainsi des points saillants sur lesquels la chaussure va frotter.
Traitement

Les soins doivent être réalisés dès qu’une lésion apparaît, afin d’éviter une aggravation et des complications (inflammation, infection). Ces soins sont délicats à effectuer, car ils peuvent eux-mêmes entraîner des risques ou aggraver la situation. Ils doivent donc être réalisés par un pédicure, qui se chargera si nécessaire de gommer, râper ou couper la corne. Les pieds devront être hydratés et graissés après les soins avec des crèmes adaptées, sous peine de récidive rapide.
Les coricides ne doivent pas être utilisés car s’ils visent à détruire le cor, ils détruisent aussi la peau saine environnante. Les crèmes et savons gommants, moins agressifs pour la peau que les râpes, peuvent être utilisés, mais ne sont efficaces qu’au début de l’apparition des symptômes.
Les chaussures doivent être confortables et assez larges pour que les orteils soient à l’aise ; les deux pieds ne sont pas toujours de la même taille et peuvent nécessiter des pointures différentes. La hauteur du talon doit être limitée à 4 ou 5 centimètres pour les femmes. Des semelles adaptées permettent d’améliorer le confort en présence de durillons et d’éviter leur développement.
En cas de déformation, des « orthèses » permettant de protéger certaines zones et de rétablir des appuis sans pressions excessives peuvent être proposées.
Enfin, certaines déformations pourront être traitées chirurgicalement comme les griffes d’orteil par exemple de façon tout à fait efficace.

Professeur Laurent GALOIS
Professeur des Universités - Praticien Hospitalier - CHU Nancy

Références bibliographiques
Freeman DB. Corns and calluses resulting from mechanical hyperkeratosis. Am Fam Physician 2002 ; 65 : 2277-80.
H. Chanson Höglund,E. Jeannot, M. Delmi. Lésions non traumatiques du
pied,cors et ongles : impact socio-économique d’un problème méconnu. Rev Med Suisse 2011 ; 7 : 2148-52.

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