mercredi 28 octobre 2015

Suspicion de cancer : accélérer sur le parcours de soin

Suspicion de cancer : accélérer sur le parcours de soin 

Des études observationnelles ont montré un lien entre la précocité du diagnostic des cancers et la mortalité. Pouvoir poser le diagnostic à un stade débutant de la maladie est dès lors devenu une préoccupation majeure pour les praticiens. De nombreux facteurs interviennent toutefois dans le délai qui peut précéder un diagnostic de cancer. Ils sont relatifs au patient lui-même, au médecin et à l'organisation du système de soin et notamment aux possibilités d'accès à une consultation spécialisée.
Accès au spécialiste en moins de deux semaines
Plusieurs pays ont mis en place des circuits courts qui permettent au médecin généraliste soupçonnant un diagnostic de cancer d'adresser rapidement son patient à un spécialiste. Ce système existe au Royaume-Uni. Il prévoit un accès à un avis spécialisé en moins de deux semaines pour tout patient présentant des symptômes suspects tels qu'un saignement anormal, une perte de poids inexpliquée, ou une masse anormale, etc. Pour favoriser une utilisation adaptée, ce circuit de soin est l'objet d'un guideline spécifique.
Le British Medical Journal publie les résultats d'une étude menée dans le but d'évaluer l'efficacité de ce type de circuit court sur la mortalité par cancer. Il s'agit d'une étude de cohorte menée sur les données des registres nationaux et concernant la patientèle de plus de 8 000 médecins généralistes, soit plus de 200 mille patients atteints de cancer, diagnostiqués ou traités en Angleterre en 2009 et suivis jusqu'en 2013.
Un effet sensible sur la mortalité
Pendant ces 4 ans de suivi, 91 mille décès sont survenus, dont plus de la moitié au cours de la première année suivant le diagnostic. L'analyse des données est incontestablement en faveur de l'utilisation des circuits d'urgence. Les patients dont le médecin traitant utilise beaucoup ces circuits courts (16 % de la cohorte) ont en effet un risque de décès inférieur de 4 % à ceux dont le médecin traitant les utilise modérément (47 % de la cohorte). En revanche, les patients dont le médecin traitant ne fait pas appel à ces circuits (37 %) ont un risque de décès supérieur de 7 %. Ces résultats sont valables pour tous les types de cancer, excepté pour le cancer du sein (ce que les auteurs expliquent par des biais consécutifs au dépistage systématique de ce dernier).
Les auteurs estiment qu'il serait intéressant de comprendre pourquoi certains praticiens ont très rarement recours à ces circuits d'urgence. Ce ne sera sans doute pas une tâche facile, l'intérêt du praticien pour un diagnostic plus précoce des cancers et pour l'utilisation des circuits cours facilitant cette prise en charge tient probablement d'un mécanisme bien plus complexe que le simple respect de recommandations.

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