dimanche 1 novembre 2015

De la gymnastique (oropharyngée) pour les ronfleurs

De la gymnastique (oropharyngée) pour les ronfleurs

Au cours du sommeil, le ronflement est causé par les vibrations des tissus mous au niveau pharyngé. C'est un symptôme fréquent, qui accompagne le syndrome d'apnées obstructives du sommeil mais qui existe aussi de façon isolée. Dans ces cas, on parle de rhonchopathie simple, bénigne pour le patient mais source de nuisance sonore, parfois problématique pour l'entourage. Les propositions de prise en charge des ronflements simples ou avec SAOS léger sont extrêmement nombreuses, et pas toutes efficaces. Une équipe a étudié l'intérêt des exercices oropharyngés, permettant d'améliorer la tonicité des structures en cause dans le ronchopathie.
Dites « A »
Les patients recrutés ont un ronflement symptomatique mais simple. Ils ont été randomisés en 2 groupes sur une durée de 3 mois. Pour le groupe contrôle, le traitement consistait en exercices respiratoires (respiration abdominale …), en lavages de nez au sérum physiologique (3 fois par jour) et en l'application de bandes au niveau nasal pour dilater les narines. Le groupe « exercice » devait en outre effectuer des exercices oropharyngés, comme pousser la pointe de la langue contre le palais osseux et propulser la langue vers l'arrière ; appuyer la totalité de la langue contre le palais ; forcer le dos de la langue contre le plancher de la bouche t
out en gardant la pointe de la langue en contact avec les incisives inférieures ; élever le palais et la luette tout en disant par intermittence la voyelle"A". Après cet apprentissage initial de coordination musculaire oropharyngée (généralement après 3 à 5 semaines), l'élévation du palais et de la luette pouvait se faire sans vocalisation avec le recrutement du muscle buccinateur. L'équipe d'investigateurs préconisait de réaliser l'ensemble de ces exercices durant 8 minutes chaque jour. Il a été demandé à tous les patients de tenir un journal pour préciser la réalisation effective des exercices oropharyngés ou respiratoires prescrits dans le groupethérapie et dans le groupe témoin.
Les patients ont été évalués au début et à la fin de l'étude par des questionnaires sur le sommeil (échelle de somnolence d'Epworth, index de qualité du sommeil de Pittsburgh et avec des mesures objectives de ronflement par polysomnographie (PSG).
Après un premier recrutement de 156 patients, 117 ont été exclus et 39 patients finalement étudiés. L'âge moyen de la population est de 46 ans et l'Indice de masse corporelle de 28,2 kg /m2. L'index d'apnées/hypopnées(IAH) des participants est modéré, à15,3 événements par heure de sommeil. Les caractéristiques de base des groupes contrôle (n = 20) et intervention (n = 19) sont similaires au début de l'étude. La compliance des deux groupes aux exercices oropharyngés ou respiratoires est supérieure à 75 %.
Moins de nuisance sonore
A la fin de l'étude, dans le groupe témoin, aucun changement significatif dans les index d'Epworth, de Pittsburgh ou les résultats de la PSG n'est observé. Dans le groupe effectuant les exercices oropharyngés, il est noté une diminution significative de l'index de ronflement total de 60,4 ronflements/h initialement contre 31,0/h à 3 mois (p = 0,033) et de l'index de ronflements sonores (de plus de 36 dB) passant de 99,5/h à 48,2/h (p = 0,017). En revanche, et quel que soit le groupe, il n'y a pas de différence entre l'IAH de base et celui mesuré à 3mois.
Sur cette étude préliminaire, les exercices oropharyngés apparaissent efficaces pour diminuer un ronflement objectivement mesuré et constitueraient un traitement possible de la rhonchopathie simple. Reste à évaluer la faisabilité de cette prise en charge.

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