mercredi 3 février 2016

Où les douleurs articulaires mènent à la chute

Où les douleurs articulaires mènent à la chute

Le sujet âgé est exposé à des chutes dont les déterminants sont à la fois divers et variés. L'état neurologique, la diminution de l'autonomie, certains médicaments sont quelques exemples des facteurs qui contribuent à le faire tomber. Il est une autre cause potentielle : ce sont les douleurs, surtout quand elles affectent les membres inférieurs, en retentissant sur la marche et l'équilibre, mais les membres supérieurs ne sont pour autant pas à innocenter, selon le degré d'autonomie. Il suffit en fait de peu pour amener un sujet âgé plus ou moins vulnérable à chuter, par exemple, quand il s'aide d'un déambulateur.
Le rôle de la douleur articulaire dans la genèse des chutes est illustré par une étude de cohorte dans laquelle ont été inclus 5 993 sujets âgés (≥ 65 ans) issus de la MrOS cohort (Osteoporotic Fractures in Men), tous de sexe masculin, vivant au sein de la communauté.
Un examen clinique initial a permis de préciser la topographie d'éventuelles douleurs, avec un accent particulier mis sur la hanche et le genou. Des questionnaires ont été envoyés à trois reprises au cours de l'année qui a suivi cette consultation, de façon à estimer la fréquence des chutes. Au cours d'un suivi d'une durée moyenne de 9,7 ± 3,1 années, toutes les fractures ont été dénomb
rées et leur réalité a été vérifiée. Le risque de chute a été évalué au moyen de modèles de régression logistique multiple, celui de fractures à l'aide de la méthode des risques proportionnels. Toutes les analyses ont été effectuées avec des ajustements qui ont pris en compte les variables ou les facteurs de confusion suivants : âge, indice de masse corporelle, ethnie, tabagisme, consommation d'alcool, traitements médicamenteux en cours, comorbidités et arthrose. En outre, le risque de fracture a intégré la densité minérale osseuse parmi les variables étudiées.
Ils tombent mais sans forcément de fracture
Dans l'année qui a suivi l'examen clinique initial, 25 % des participants (n = 1 519) ont été victimes d'au moins une chute, et 11 % (n = 710) d'au moins deux. Les analyses multivariées ont révélé que les douleurs des hanches, des genoux et de toute autre région articulaire augmentaient le risque de chutes, quelle que soit leur fréquence, dans l'année qui a suivi le bilan initial.
A titre d'exemples, les gonalgies ont été associées à ce risque accru dans les deux cas de figure précédents : (1) au moins une chute : odds ratio, OR, 1,44, intervalle de confiance à 95 %, IC, 1,25-1,65) ; (2) au moins deux chutes : OR, 1,75 (IC, 1,46-2,10). Durant le suivi à long terme, 936 participants (15,6 %) ont été victimes d'une fracture autre qu'un tassement vertébral (n = 217, dont 3,6 % concernant la hanche). Les analyses multivariées n'ont cependant révélé aucune association significative entre les douleurs articulaires basales et le risque de fracture non vertébrale à long terme.
Les douleurs articulaires, qu'elles touchent le genou, la hanche ou d'autres sites semblent bien être un facteur de chutes chez le sujet âgé, mais sans pour autant majorer le risque de fracture, tout au moins chez l'homme, compte tenu de la composition de la cohorte MrOS.

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