lundi 28 mars 2016

Accoucher après 50 ans

Accoucher après 50 ans

L'âge avancé, historiquement d
éfini en obstétrique supérieur ou égal à 35 ans au moment de la naissance, est un facteur de complications obstétrico-pédiatriques. Au-delà de 45 ans, les risques d'accoucher par césarienne sont 7 fois plus élevés et certaines études suggèrent qu'après 50 ans, presque aucune femme n'accouche par voie basse, peut-être à cause du dysfonctionnement de l'utérus périménopausique. De ce fait, la tentative de voie basse est rarement proposée mais est-ce réellement justifié ?
A partir du registre des naissances californien, une équipe a analysée les données de 1 346 889 femmes ayant accouché de singletons ≥ 20 SA en les stratifiant par âge et par la parité.
La répartition par âge s'effectue ainsi : 80,7 % entre 20 et 34 ans (groupe de référence), 15,4 % entre 35 et 39 ans, 3,7 % entre 40 et 45 ans, 0,2 % entre 45 et 49 ans et 0,01 % de 50 ans et plus (181 femmes dont 68 primipares). Ces dernières ont suivi un traitement contre l'infertilité dans 39 % des cas et ont débuté la grossesse avec significativement plus souvent un diabète de type 2 ou une hypertension.
Succès pour les tentatives d'accouchement par voie basse dans trois quarts des cas
A cet âge, le risque de placenta prævia est multiplié par 6 et celui d'accouchement < 37 SA par 2. Bien que la morbidité maternelle sévère soit faible (2,7 %), elle est néanmoins 5 fois plus élevée qu'avant 30 ans et les nouveau-nés courent un risque 3 fois plus élevé (15 %) d'être hospitalisés en unité de soins intensifs. Cependant, les modalités d'accouchement sont sans effets sur ces résultats.
Le risque d'accoucher par césarienne est de 62 % pour l'ensemble des femmes de plus de 50 ans, contre 34 % sur l'ensemble de la cohorte. Près de 31 % des primipares sont césarisées dans le groupe référence, contre 75 % à partir de 50 ans. Seules 34 % entrent en travail et finalement accouchent de la même façon que les femmes après 40 ans c'est à dire pas aussi bien que celles de moins de 30 ans. Il n'en reste pas moins que près des trois quarts des tentatives de voie basse sont un succès ; ces tendances sont à peu près les mêmes chez les multipares.
Enfin, il faut déplorer 2 morts maternelles après 50 ans (94 sur le reste de la cohorte). Si la grossesse à ces âges n'est pas sans risques, l'accouchement voie basse lui ne semble pas en comporter outre mesure.

Confidentialité du compte de résultat des petites entreprises : déclaration obligatoire !

Confidentialité du compte de résultat des petites entreprises : déclaration obligatoire !
À compter du 6 août prochain, les petites entreprises souhaitant que leur compte de résultat ne soit pas rendu public devront, lors du dépôt des comptes annuels, joindre une déclaration de confidentialité.
On se souvient que la loi Macron du 6 août dernier avait étendu la possibilité pour les sociétés commerciales ayant la forme d’une petite entreprise de demander à ce que leur compte de résultat ne soit pas rendu public.
Rappel : les petites entreprises sont celles qui ne dépassent pas deux des trois seuils suivants : 4 millions d’euros de total de bilan, 8 millions d’euros de chiffre d’affaires net et un effectif de 50 salariés. En revanche, la loi ne précisait pas si ces sociétés, lorsqu’elles souhaiteront bénéficier de cette mesure, devront, à l’instar des micro-sociétés, joindre une déclaration de confidentialité lors du dépôt de leurs comptes annuels au registre du commerce et des sociétés (RCS). C’est désormais chose faite ! Un décret du 11 mars 2016 vient en effet de préciser que les petites entreprises devront accompagner le dépôt de leurs comptes annuels d’une déclaration de confidentialité identique à celle des micro-entreprises.
Rappel :  l’option pour la confidentialité des comptes annuels est exclue pour certaines entités. En effet, ne pourront pas en bénéficier les établissements de crédit et sociétés de financement, les entreprises d’assurance et de réassurance, les personnes et entités dont les titres financiers sont admis aux négociations sur un marché réglementé, les personnes et entités qui font appel à la générosité publique et les sociétés appartenant à un groupe. En pratique, les petites sociétés pourront recourir à la confidentialité de leur compte de résultat pour ceux afférents aux exercices clos à compter du 31 décembre 2015 et déposés à compter du 6 août 2016. Pour les sociétés clôturant leur exercice le 31 décembre 2015, cette faculté ne sera donc possible qu’en cas de dépôt par voie électronique, dont la date butoir est fixée au 30 août 2016 (en cas de dépôt papier, elle est fixée au 1er août 2016).

lundi 21 mars 2016

Plus de licenciement sans indemnité compensatrice de congés payés !

Plus de licenciement sans indemnité compensatrice de congés payés !
L’indemnité de congés payés est désormais due aux salariés licenciés pour faute lourde.
Jusqu’alors, l’employeur qui licenciait un salarié en raison d’une faute lourde était dispensé de lui régler les congés payés qu’il avait acquis mais dont il n’avait pas bénéficié.
Rappel : une faute lourde est commise quand le salarié avait l’intention de nuire à l’employeur ou à l’entreprise (ex : sabotage de machines, dénigrement de l’entreprise auprès de candidats au recrutement). Échappaient néanmoins à cette sanction, les salariés affiliés à une caisse de congés payés (BTP, transport, spectacle…) qui, eux, percevaient, quel que soit le motif de leur licenciement, le paiement de leurs congés payés acquis mais non pris.
Estimant cette différence de traitement injustifiée, le Conseil constitutionnel a récemment censuré la disposition du Code du travail excluant du versement de l’indemnité compensatrice de congés payés les salariés licenciés pour faute lourde.
En pratique : les employeurs doivent donc verser l’indemnité compensatrice de congés payés aux salariés licenciés pour faute lourde à compter du 4 mars 2016. Cette indemnité peut également être demandée par les salariés licenciés avant cette date mais qui ont contesté leur licenciement devant le conseil de prud’hommes (ou qui le contesteront).

dimanche 20 mars 2016

Audition : les signes qui relèvent des urgences

Audition : les signes qui relèvent des urgences

Les actions de prévention sur les risques auditifs ont porté leurs fruits : le grand public connaît de mieux en mieux les dangers d'une surexposition au bruit et à la musique forte. Lors d'un concert ou d'une soirée dans une discothèque, par exemple, les signes qui doivent alerter sont des nausées, un déséquilibre ou un vertige, avec une impression de bourdonnement. Il faut alors se réfugier au calme, loin de la source sonore perturbatrice, pour permettre à l'oreille de récupérer.
Un acouphène ou une hyperacousie (hypersensibilité aux bruits entraînant de la gêne voire de la douleur) ressentis pendant une à 30 minutes ne doivent pas alarmer car ils sont généralement le signe d'une atteinte bénigne. Si les troubles persistent pendant 24h, il faut téléphoner à son médecin traitant ou à un ORL qui pourront, le cas échéant, prescrire un premier traitement. Au bout de 48 heures, il faut immédiatement se rendre au service des urgences ORL de l'hôpital.
« Cette réaction précoce est le seul moyen de récupérer l'oreille dans 80% des cas. Car une fois installées, les lésions auditives sont irréversibles. Les seules solutions sont alors palliatives : appareil auditif, rééducation de l'écoute, prise en charge psychothérapeutique... », précise E-Santé.

L’endométriose sort de l’ombre

L’endométriose sort de l’ombre

Longtemps négligée voire oubliée, l'endométriose bénéficie désormais de l'attention des pouvoirs publics. Plusieurs programmes de recherche ont été lancés pour mieux comprendre son origine, élaborer un nouveau modèle de prise en charge ou concevoir une méthode diagnostique plus fine et non invasive. Par ailleurs, des recommandations de la HAS devraient être publiées mi-2017 au sujet de cette maladie. Le 19 mars se tiendra à Paris la 3e marche mondiale pour l'endométriose (Endomarche), un des évènements majeurs visant à faire connaître la maladie auprès du grand public. L'enjeu est de taille puisqu'on estime que 10 % des femmes seraient touchées par une endométriose. Près de 40 % de celles qui souffrent de douleurs chroniques pelviennes, en particulier au moment des règles, présentent la maladie mais l'ignorent bien souvent. L'idée selon laquelle il est normal de souffrir pendant ses règles reste ancrée dans les esprits et constitue le premier frein à la consultation. De plus, le sujet est encore largement tabou pour de nombreuses patientes. Les choses sont également à améliorer du côté des médecins, sachant qu'il faut en moyenne 6 à 10 ans pour poser le diagnostic d'endométriose. En cause, un manque de connaissances et une formation professionnelle insuffisante sur le sujet, mais également des préjugés qui courent toujours sur le caractère douillet des femmes ou leur anxiété particulière.
Le Dr Chrysoula Zacharopoulou, gynécologue à l'hôpital Trousseau (Paris), a longtemps combattu pour la reconnaissance de la maladie. « J'en fais une question de "droits des femmes", à être prises au sérieux, et me bats pour obtenir la même implication de la part des médecins et des pouvoirs publics envers l'endométriose qu'envers le diabète, deux maladies chroniques qui touchent une grande partie de la population ! », souligne-t-elle.
La campagne 2016 de l'endomarche aura pour slogan « Les règles, c'est naturel, pas la douleur ». Chez 25 à 40 % des femmes atteintes, l'endométriose provoque des douleurs chroniques très invalidantes au quotidien et pendant les rapports sexuels. Autre conséquence dramatique : la maladie est la première cause d'infertilité chez la femme : 20 à 30 % des femmes stériles souffrent de fait d'endométriose. Enfin, une étude a montré que les femmes atteintes sont deux fois plus susceptibles que les autres de développer de troubles anxio-dépressifs, une association que certains chercheurs attribuent notamment à des réactions inflammatoires et à un dérèglement immunologique.

mardi 15 mars 2016

Factures : numérisation des documents établissant une piste d’audit fiable

Factures : numérisation des documents établissant une piste d’audit fiable
Les règles de numérisation des documents constitutifs d’une piste d’audit fiable établis à l’origine sur support papier sont enfin connues.
Les documents établissant une piste d’audit fiable doivent être conservés pendant 6 ans sur support papier ou électronique, quelle que soit leur forme d’origine, au choix de l’entreprise. Un arrêté récent a précisé les modalités de numérisation de ces documents établis à l’origine sur support papier.
Ainsi, depuis le 1er février 2016, le transfert de ces documents vers un support informatique doit être réalisé dans des conditions garantissant leur reproduction à l’identique. Le document numérisé doit être la copie conforme à l’original en image et en contenu. Les couleurs devant être reproduites à l’identique, notamment en cas de mise en place d’un code couleur. Techniquement, une fois numérisé, il doit être conservé sous format PDF assorti d’une signature électronique conforme, au moins, au référentiel général de sécurité (RGS) de niveau une étoile. En outre, le document n’est valable que s’il fait apparaître tout ajout, remarque ou information qui aurait été annoté sur le document papier. Et en cas de modification ou de correction de données du document numérisé, seul le document corrigé et numérisé à nouveau est admis.
Attention : ces règles s’appliquent également à la documentation décrivant les modalités de réalisation des contrôles mis en place par l’entreprise.

Rappel

Dans le cadre de la réglementation relative à la TVA, les factures doivent être stockées sous leur forme originale (papier ou électronique) et conservées pendant 6 ans à compter de la date de leur établissement par l’entreprise émettrice et par l’entreprise destinataire. Au cours de cette période, les entreprises doivent garantir l’authenticité de l’origine, l’intégrité du contenu et la lisibilité de ces factures.
Pour cela, lorsque la facture est transmise sous forme papier ou sous forme électronique sans recourir à la signature électronique qualifiée ou à un message structuré selon une norme convenue entre les parties, l’entreprise doit mettre en place des contrôles documentés et permanents afin d’établir une piste d’audit fiable entre la facture émise ou reçue et la livraison de biens ou la prestation de services qui la fonde. Ce sont donc les documents constitutifs de ces contrôles qui sont visés par les nouvelles modalités de numérisation.

dimanche 13 mars 2016

De Kigali à Bordeaux, des drones pour livrer des médicaments

De Kigali à Bordeaux, des drones pour livrer des médicaments

Kigali, le mardi 8 mars 2016 - Le Rwanda, l'un des pays africains le plus en pointe sur les nouvelles technologies, vient de signer une convention de partenariat avec l'entreprise américaine Zipline qui prévoit la mise en service d'un système de livraison autonome de médicaments à travers tout le pays grâce à l'utilisation de drones. Ces engins volants sans pilote issus de la technologie militaire sont en effet capables, selon leur modèle, d'embarquer plusieurs dizaines de kilos de matériel et de les acheminer à des centaines de kilomètres de leur point de départ.
Très éloignée des problématiques de renforcement des capacités du système de santé publique du « pays des mille collines », la ville de Bordeaux est pourtant en passe de tenter une expérience similaire. Si le contexte entre ces deux exemples relève bien de priorités différentes en amont, la finalité et sa réalisation en tous points similaire laissent penser qu'une révolution technologique d'ampleur internationale est bien en marche dans le domaine du transport des produits de santé.
Plus rapide, moins coûteux et plus respectueux de l'environnement
Révélée par le site spécialisé Afrique ITNews, l'expérience rwandaise s'inscrit dans le Plan d'urbanisme intelligent « Rwanda 2020 » qui vient d'être approuvé par le gouvernement. Les tests qui devraient débuter dès le mois d'octobre de cette année s'appuieront sur une flotte de drones dédiés à l'approvisionnement en produits médicaux des nombreux dispensaires situés dans des zones difficiles d'accès en raison d'un relief accidenté et d'infrastructures routières parfois défaillantes. Le premier déploiement devrait s'établir dans le district de Muhanga, situé à une trentaine de kilomètres à l'ouest de la capitale Kigali, et concerner un approvisionnement régulier en médicaments et produits sanguins.
Sur les bords de la Garonne, c'est l'entreprise Flash Biologistic, division santé de la société Flash créée à Metz en 1981, et spécialisée dans le fret terrestre, naval et aérien, qui va utiliser des drones, dès cet été. Des vols de test vont être effectués dans un rayon de 6 à 7 kilomètres autour du Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Bordeaux, partenaire de l'expérience. Dans un entretien accordé au quotidien régional Ouest France, Diego Cerutti, codirecteur de la branche santé de Flash, explique que cette nouvelle technologie de transport a été réfléchie pour répondre à « la demande de clients qui veulent faire transporter leurs produits biologiques de manière plus rapide, plus respectueuse de l'environnement, mais aussi moins coûteuse ». Un nouveau service que l'entreprise qui vient de rejoindre le consortium « Drones for Life » envisage de déployer dans d'autres pays en d'Europe dès 2017.

Une application pour trouver l’équivalent de son médicament dans plus de 200 pays

Une application pour trouver l’équivalent de son médicament dans plus de 200 pays

Tel-Aviv, le jeudi 10 mars 2016 - Daniel Elbaz, un pharmacien français à la retraite qui a longtemps exercé sa profession en France puis en Israël, vient de voir le fruit de son travail récompensé par une place de finaliste des Trophées des Français de l'étranger 2016. Une consécration pour cet homme qui a toujours considéré que faciliter l'accès des médicaments au plus grand nombre était « l'essence » de son métier.
Depuis une petite dizaine d'années, il élabore en effet une des plus grandes bases de données au monde de correspondance de médicaments et l'a récemment transformée en application pour smartphone, aussi utile aux voyageurs et expatriés qu'aux pharmaciens d'officine. Baptisée « Convert Drugs Premium », elle est disponible en téléchargement pour tous les possesseurs d'Iphone et d'Ipad et se présente sous différentes formes selon que l'on optera pour une version payante ou gratuite.
Humanitaire
Le développement de cette application trouve son origine dans l'engagement de Daniel Elbaz au sein d'associations humanitaires où il est amené à trier des médicaments reçus en dons, ainsi que dans sa propre expérience d'officinal confronté à des étrangers munis de leur ordonnance et désespérés de ne pas trouver le médicament prescrit dans leur pays.
D'abord mise en place gratuitement sur l'Apple Store pour aider les ONG à trier les médicaments envoyés du monde entier pour secourir les victimes du typhon Hayian qui a ravagé les Philippines en 2013, l'application est également mise à disposition de dispensaires en Afrique où s'entassent en vrac des médicaments dont seulement un dixième sont utilisés.
Du japonais au français
Décidé à créer son propre module de correspondance entre médicaments, Daniel Elbaz et ses deux partenaires ont donc patiemment construit une gigantesque base de noms de molécules et de leurs équivalents commerciaux en glanant les listes éditées par les Ministères de la Santé partout dans le monde. Aujourd'hui, recensant plus de 700 000 produits et 8 310 molécules dans plus de 200 pays, elle permet notamment à de nombreuses personnes sous traitement de partir en voyage l'esprit plus tranquille.
Pour parfaire son application, l'auteur l'a récemment dotée d'un module multilangage qui permet de s'en sortir, quelles que soient la langue et la graphie utilisées. Si le nom est inscrit en thaï, en anglais ou en japonais, la tablette le reconnaitra et affichera automatiquement son équivalent en français ou inversement. Un complément devrait également voir le jour qui permettra à l'application de détecter les médicaments contrefaits.

vendredi 11 mars 2016

Une prise de poids excessive pendant la grossesse a des conséquences à long terme



Une prise de poids excessive pendant la grossesse a des conséquences à long terme
Une prise de poids excessive pendant la grossesse a des conséquences à long terme sur le poids de la femme. Selon une étude américaine, même plusieurs années après l’accouchement, les femmes n’ont pas retrouvé leur poids et ont également un taux de graisse corporelle plus élevé. L’étude a été publiée dans la revue « American Journal of Clinical Nutrition ».
Les chercheurs de l’Université de Columbia, à New York, ont examiné des données portant sur 302 femmes afro-américaines et dominicaines recrutées dans une étude sur les mères et les nouveau-nés menée à Columbia par le Centre pour la santé des enfants et l’environnement, de 1998 à 2013. Avant la grossesse, 5 % étaient en insuffisance pondérale, 53 % avaient un poids normal, 20 % étaient en surpoids et 22 % étaient obèses.
Près des deux tiers (64 %) des femmes ont pris plus de poids que ce que prônent les directives officielles. Sept ans après la grossesse, 38 % des participantes étaient obèses. Parmi les femmes qui n’étaient pas obèses avant la grossesse, celles qui avaient connu une prise de poids trop importante présentaient un risque 4 fois plus élevé d’être obèses 7 ans après l’accouchement.
L’effet semble être particulièrement prononcé chez les femmes qui avaient un poids normal avant d’enfanter. Chez ces femmes, une prise de poids excessive pendant la grossesse était associée à un poids et un taux de graisse corporelle nettement plus importants 7 ans après l’accouchement. « Les résultats laissent également penser que les femmes dont le poids est normal et légèrement en surpoids pourraient être plus physiologiquement sensibles aux effets d’une prise de poids importante pendant la grossesse. Elles doivent donc être suivies plus étroitement pour veiller à une prise de poids mesurée pendant la grossesse » déclare l’auteure de l’étude, Elisabeth Widen.

mardi 8 mars 2016

Les SI de santé , nouvelles cibles des hackers



Les SI de santé , nouvelles cibles des hackers
Les cyberattaques menacent les systèmes d’information hospitaliers. Si les hôpitaux français disposent d’un cadre réglementaire et d’outils référentiels récents, l’effort doit porter sur les moyens humains dédiés à la gestion de ce risque particulier.
Il y a quelques jours, le Hollywood Presbyterian Medical Center (États-Unis) a dû payer une rançon de 17 000 dollars pour récupérer l’accès à son système d’information hospitalier.
Des patients transférés
Son serveur central a été victime d’un logiciel malveillant, un cryptovirus, qui chiffre les données et les rend illisibles. L’établissement a été contraint de revenir aux procédures de communication manuscrites, par fax ou par téléphone. Les patients du service d’urgence ainsi que ceux sur qui devait être pratiqué un examen d’imagerie médicale ont dû être transférés dans d’autres établissements.
200 dollars pour un dossier médical piraté
Selon l’institut IDC Health Insights, les cyberattaques vont augmenter et gagner en sophistication puisque les hackers convoitent des secteurs moins bien protégés que les banques et les groupes hôteliers. La valeur des données de santé a dépassé celle des numéros de sécurité sociale ou de carte bancaire.
Un dossier médical piraté se revend jusqu’à 200 dollars sur le Dark Web en 2016.
Un millier de cyberattaques en France l’an dernier
La France n’est pas épargnée. Ses hôpitaux ont fait l’objet d’un millier de cyberattaques l’an dernier. « Les piratages peuvent viser le SIH, les dispositifs médicaux et les systèmes de gestion centralisée des bâtiments », précise Philippe Loudenot, fonctionnaire de sécurité des systèmes d’information (FFSI) des ministères des Affaires sociales. Il s’agit d’attaques virales atteignant des systèmes mal protégés (60 %), ou liées à un mésusage du SIH (30 %) et de piratages directs (10 % des cas). Si ces derniers n’ont pas occasionné de ruptures dans la chaîne de soins hospitaliers, leur résolution technique a un coût. Selon Vincent Trély, président de l’Association pour la promotion de la sécurité des systèmes d’information de santé (APSSIS), la lutte contre les virus nécessite de 3 à 8 jours de travail ou l’intervention de sociétés spécialisées. Dans tous les cas, les personnels médical et administratif qui sont amener à travailler en procédures dégradées perdent entre 20 et 40% de productivité, sans compter la ressaisie des informations.
L’insuffisance criante de moyens humains
Un décret va rendre obligatoire la déclaration des incidents de sécurité informatiques sur les systèmes d’information hospitaliers et indiquera la chaîne de communication et son mode de fonctionnement. Il complète un cadre réglementaire bien étoffé : la politique de sécurité des systèmes d’information pour les ministères chargés des affaires sociales précisé par un arrêté du 1er octobre 2015, les référentiels de sécurité de l’ASIP Santé, les prérequis du programme Hôpital numérique et les exigences de la version 2014 de la certification HAS. Reste les moyens humains, encore insuffisants. Depuis 2012, 80 % des établissements de santé ont nommé un référent sécurité des systèmes d'information (RSI), mais ces informaticiens sont déjà submergés par d’autres tâches. Dans ces conditions, il leur est difficile d’appliquer les règles, de rédiger les procédures et surtout sensibiliser quotidiennement les usagers à la culture de la sécurité informatique. L’APSSIS dénombre une vingtaine de responsables à plein temps dans les 1 300 hôpitaux publics. « Les groupements hospitaliers offrent l’opportunité de mutualiser de 150 à 200 postes de RSSI au sein des territoires de santé », rappelle Vincent Trély. Une réflexion dans ce sens est engagée au ministère de la Santé.