dimanche 20 mars 2016

L’endométriose sort de l’ombre

L’endométriose sort de l’ombre

Longtemps négligée voire oubliée, l'endométriose bénéficie désormais de l'attention des pouvoirs publics. Plusieurs programmes de recherche ont été lancés pour mieux comprendre son origine, élaborer un nouveau modèle de prise en charge ou concevoir une méthode diagnostique plus fine et non invasive. Par ailleurs, des recommandations de la HAS devraient être publiées mi-2017 au sujet de cette maladie. Le 19 mars se tiendra à Paris la 3e marche mondiale pour l'endométriose (Endomarche), un des évènements majeurs visant à faire connaître la maladie auprès du grand public. L'enjeu est de taille puisqu'on estime que 10 % des femmes seraient touchées par une endométriose. Près de 40 % de celles qui souffrent de douleurs chroniques pelviennes, en particulier au moment des règles, présentent la maladie mais l'ignorent bien souvent. L'idée selon laquelle il est normal de souffrir pendant ses règles reste ancrée dans les esprits et constitue le premier frein à la consultation. De plus, le sujet est encore largement tabou pour de nombreuses patientes. Les choses sont également à améliorer du côté des médecins, sachant qu'il faut en moyenne 6 à 10 ans pour poser le diagnostic d'endométriose. En cause, un manque de connaissances et une formation professionnelle insuffisante sur le sujet, mais également des préjugés qui courent toujours sur le caractère douillet des femmes ou leur anxiété particulière.
Le Dr Chrysoula Zacharopoulou, gynécologue à l'hôpital Trousseau (Paris), a longtemps combattu pour la reconnaissance de la maladie. « J'en fais une question de "droits des femmes", à être prises au sérieux, et me bats pour obtenir la même implication de la part des médecins et des pouvoirs publics envers l'endométriose qu'envers le diabète, deux maladies chroniques qui touchent une grande partie de la population ! », souligne-t-elle.
La campagne 2016 de l'endomarche aura pour slogan « Les règles, c'est naturel, pas la douleur ». Chez 25 à 40 % des femmes atteintes, l'endométriose provoque des douleurs chroniques très invalidantes au quotidien et pendant les rapports sexuels. Autre conséquence dramatique : la maladie est la première cause d'infertilité chez la femme : 20 à 30 % des femmes stériles souffrent de fait d'endométriose. Enfin, une étude a montré que les femmes atteintes sont deux fois plus susceptibles que les autres de développer de troubles anxio-dépressifs, une association que certains chercheurs attribuent notamment à des réactions inflammatoires et à un dérèglement immunologique.

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