lundi 25 avril 2016

Plus de risque thromboembolique sous contraceptifs oraux en cas de MICI?

 docndoc

Plus de risque thromboembolique sous contraceptifs oraux en cas de MICI?

Les maladies inflammatoires chroniques de l'intestin (MICI) touchent des patients de tous âges. Les deux plus fréquentes sont la maladie de Crohn (MC) et la rectocolite ulcéro-hémorragique (RCH). Toutes deux augmentent le risque de thrombose des membres inférieurs (TMI) et d'embolie pulmonaire (EP). Par ailleurs, les contraceptifs oraux (CO) ont été accusés d'exposer les femmes, surtout les très jeunes, à un risque accru de maladie thromboembolique (MTE).
L'hypothèse a été émise que les risques propres aux MICI potentialisent ceux liés aux CO et que leurs effets nuisibles synergiques se conjuguent pour augmenter l'incidence, voire la gravité des accidents thromboemboliques. Des auteurs italiens ont voulu vérifier ce postulat et ont donc comparé dans ce but 2 séries de femmes sous CO, les unes atteintes de MICI et les autres, appariées par âge et sans MICI.
La base de données de leur centre napolitain a permis d'identifier les femmes, souffrant d'une MICI et prenant des CO, enregistrées entre 2000 et 2014. Ces patientes ont été comparées, par tranches d'âge, avec des femmes prenant des CO et n'ayant jamais présenté de MICI.
Une thrombose dans chaque groupe
Les malades ayant un cancer, une MICI en poussée, une prédisposition à la MTE, les opérées, et celles qui suivaient un traitement hormonal ou immunosuppresseur (azathioprine) ont été exclues. Il a été tenu compte des facteurs de risque de MTE que sont par exemple le tabac, l'alitement, voire la sédentarité. Ainsi les femmes ont-elles été divisées en 3 classes : A (actives), c'est à dire ayant une activité physique, professionnelle ou sportive à plein temps ; B (modérément actives), ayant 2 à 4 activités physiques quotidiennes par semaine ; C (sédentaires) avec une activité physique n'excédant pas 1 j/semaine. Cette catégorisation a cherché à éviter de prendre en compte des facteurs de MTE extrinsèques à l'étude.
Au total, l'analyse a porté sur 146 femmes (49 MC et 97 RCH) de 19 à 41 ans. Une seule (MC) a développé une TMI et il n'y a pas eu d'EP. Dans le groupe contrôle (290 femmes), avec le même pourcentage d'A, B, et C, le même âge moyen, et le même indice de masse corporelle, il y a aussi une TMI et pas d'EP, au cours d'un suivi moyen de 7 ans.
Au total, le risque de développer une MTE sous CO est de 0,5 % et il n'est pas aggravé par une MICI. Seules les fumeuses actives depuis > 10 ans ont un risque de MTE significativement accru.

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