lundi 6 juin 2016

Papillomavirus : des garçons à vacciner

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Papillomavirus : des garçons à vacciner

Depuis 2007, la vaccination des filles contre les HPV est recommandée en France dans le but d'éviter les lésions génitales précancéreuses féminines dues à (ou favorisées par) certains de ces virus. Depuis 2014, l'AMM s'est étendue à la prévention des lésions anales précancéreuses et cancéreuses et l'indication à toute personne immunodéprimée. Dès lors se pose la question de l'intérêt de généraliser cette vaccination ou de la cibler pour les hommes les plus à risque c'est-à-dire ceux qui ont des relations sexuelles avec des hommes (HSH).
En France, les verrues ano-génitales dues aux HPV sont fréquentes, récidivantes mais ne représentent un problème de santé publique ni par leur fréquence ni par leur gravité. Le cancer anal, malgré sa progression, reste rare en population générale, mais étroitement lié aux HPV, auxquels on attribue également 25 à 50 % des cancers du pénis (rares également). Quant aux données concernant les cancers de la sphère ORL dus aux HPV, elles restent vagues.
Mais comment faire ?
Chercher à améliorer la faible couverture vaccinale féminine par une couverture vaccinale élevée chez les garçons est illusoire : l'effort doit se poursuivre pour informer et rassurer parents et professionnels… ainsi les hommes hétérosexuels bénéficient indirectement de la vaccination des filles. Ce qui n'est pas le cas des HSH, groupe où l'incidence des lésions anales est clairement plus importante, notamment en cas d'infection VIH. Or l'efficacité du vaccin a été démontrée contre ces lésions et les vaccins sont mieux acceptés dans cette population, consciente du risque, que par le grand public. D'où l'idée du HCSP* de la recommandation vaccinale chez les HSH.
Ça ne sera pas facile, il n'est qu'à voir le faible suivi par les HSH des recommandations vaccinales contre l'hépatite A et plus récemment le méningocoque C. Il faudra informer clairement sur les risques, les lieux de vaccination, cela nécessitera la gratuité… et le recul des tabous afin que la traçabilité du vaccin ne stigmatise pas, et surtout, que les jeunes concernés n'attendent pas des années avant de se dire à risque auprès d'un professionnel de santé car, comme pour les filles, la transmission des HPV est très précoce et le risque croit avec le nombre de partenaires.
*Avis et rapport HCSP, 16 février 2016.

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